Le Pont de l’Archevêché, Ile de la Cité– Aquarelle, vers 1900-1922, H.29x L.38.5cm – Collection privée.
William Thornley a vécu à Paris au moins entre 1878 et 1891. Il résida notamment dans le quartier latin, au 25 de la rue du Cardinal Lemoine (5e), jusqu’en 1889, date de son mariage avec Marie Stub. Sa nouvelle adresse est alors le 27 bis de la rue Bayern (17e). La Seine était proche de son premier domicile. Il eut l’occasion d’en décrire de nombreux ponts, dont celui de l’Archevêché.
On peut apercevoir l’église Saint-Gervais et l’ancienne morgue. L’atmosphère générale de cette composition est pesante. Le temps est à la pluie, comme en témoignent des nuages menaçants. Les tons employés, dans l’ensemble assez ternes, contribuent à cette ambiance morose. Seule, la veste d’un rouge soutenu d’une parisienne, ainsi que les discrètes teintes rosées visibles sur les flancs de Saint-Gervais, tranchent avec ce morne décor où s’inscrit sinistrement l’ancienne morgue de Paris.
Cette aquarelle est un précieux témoignage de l’histoire des monuments de Paris. En effet, édifiée en 1868 sur la pointe amont de l’Ile de la Cité, elle déménagea ensuite en 1914 au quai de la Râpée. Elle sera démolie en 1923 et remplacée par le nouveau square de l’Ile-de-France. De 1868 à 1907, la morgue fut ouverte au public, attirant des milliers de parisiens qui pouvaient voir les cadavres non identifiés dans la salle d’exposition publique. Une description de l’endroit figure dans le roman de Zola, publié en 1867, « Thérèse Raquin ».


